Catastrophe nucléaire de Fukushima : toujours pas sous contrôle

Ce 11 mars 2017, déjà 6 ans depuis le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima : et la situation n’est toujours pas sous contrôle.  
On peut lire sur le site du réseau sortir du nucléaire  des informations inquiétantes. Ainsi, une sonde envoyée dans le réacteur 2 a pu mesurer une radioactivité ambiante de 530 Sv – un taux capable de tuer un homme instantanément ce qui n’augure guère d’espoir quant à la capacité humaine (ou même robotique) à démanteler l’installation et à récupérer les coriums de combustible fondu – dont on ne connait toujours pas la localisation précise…

Même les robots conçus pour les repérer finissent par être hors service au bout de quelques heures passées à l’intérieur des réacteurs, tant la radioactivité est infernale ! La récupération de ces coriums n’est pas prévue avant 2025 et l’opération devrait prendre plus de 30 ans. D’après l’actuel responsable du site, Masuda Naohiro c’est tout simplement « une nouvelle science » qu’il faudrait inventer pour venir à bout de ces opérations.

A ce jour, en février 2017, chaque jour, plus de 300 tonnes d’eau douce sont injectées dans trois des six réacteurs qui étaient en fonctionnement au moment de l’accident, pour les refroidir. Cette eau devient radioactive au contact du combustible fondu. TEPCO parvient aujourd’hui à nettoyer cette eau radioactive, à la réinjecter en partie dans les réacteurs. Et à limiter les rejets dans le Pacifique grâce à une barrière d’étanchéité. Mais les eaux continuent de s’accumuler sur le site. Plus de 800 000 tonnes d’eau en partie épurées sont stockées dans un millier de réservoirs. Un grave problème en suspens.

Vivre sans nucléaire ?

La quasi-totalité des 54 réacteurs nucléaires japonais ont été mis à l’arrêt à la suite du tsunami, et des travaux de maintenance sur les réacteurs encore en fonction aidant, le Japon s’est totalement passé de l’atome pendant plus de 2 ans. 

Grâce à une politique de sobriété énergétique acceptée et mise en pratique par toute la population à la suite de l’accident, le Japon a réussi à éviter le blackout dans les mois suivant le séisme. Le recours aux centrales utilisant le gaz, le charbon ou le fuel  pour remplacer la totalité du parc nucléaire a été relativement limité, les émissions de gaz à effet de serre n’augmentant que de quelques pour-cents.

Par ailleurs le gouvernement japonais via une nouvelle évaluation a considérablement revu à la hausse le coût estimé de la gestion de cette catastrophe, la facture passant ainsi d’une trentaine de milliards d’euros en 2013 à 170 milliards d’euros en 2016 !

Mais pourtant le gouvernement japonais cherche à renvoyer chez elles les populations de cette région. L’objectif est de donner une image rassurante avant les jeux olympiques de 2020 ! lire alternatives-economiques.fr/difficile-retour-a-fukushima

Fukushima nous a offert l’opportunité de mener un vaste débat sur les défis auxquels sous sommes confrontés, au carrefour de multiples besoins humains : énergie décarbonée, sûreté, santé environnementale, sécurité des populations et préservation pour les générations futures.

Après Tchernobyl, Fukushima. Tirerons-nous les leçons de cette terrible expérience ?

 

 

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